Compte rendu matinée REX n°1 – le feu : se protéger du rayonnement solaire, le 16 septembre 2025
Ce qu’il faut retenir
Premières actions sans regret à analyser
Nos échanges ont permis de faire remonter 4 actions que nous pourrions imaginer de généraliser sur toutes nos opérations :
- Occultation extérieure ajourée et moustiquaire sur toutes les baies
- Complément protection solaire fixe pour les zones sensibles (casquette ou contrôle solaire)
- Store-banne si les baies donnent sur un espace extérieur : balcon, terrasse, jardin, …
- Occultation « anti-effraction » pour les baies situées en RDC et R+1
Lancement d’une Task Force pour rédiger une doctrine climatisation
Cette doctrine vise à guider les collectivités, bailleurs sociaux et promoteurs dans leurs décisions d’installation et de gestion de la climatisation, à travers une approche sobre, pragmatique et responsable.
Task force identifiée en séance : CDC habitat, Bouygues Immobilier, Immobilière 3F, Ville de Paris, Vinci Immobilier, Elioth, CSTB, Pouget Consultants.

Les actions à venir
Le 13 octobre : Clôture de l’API
- Dernière ligne droite pour partager l’API à vos contacts et sur vos réseaux sociaux !
- La phase d’analyse des innovations suivra : une quarantaine de candidatures à documenter
- Puis nous ferons un jury pour décider des 9 coups cœur !
Le 21 octobre de 14h30 à 16h30 : Comité innovation n°2
- En hybride avec les experts
- Thème sur la rénovation / le parc existant
- Ordre du jour :
- Quelles exigences ?
- Quelle méthode simplifiée pour mesurer le confort d’été ?
- Comment garantir le résultat
Le 13 novembre de 10h30 à 12h : Booster Session n°3
- 100% en visioconférence (lien Teams)
- Avec tout le monde : avancées du programme

Objectifs de la Matinée REX n°1
« Les Matinées REX, c’est croiser la théorie et l’opérationnel. Comprendre ce qui marche, le mesurer et le partager pour pouvoir systématiser des actions. »
L’idée est de créer un cadre où maîtres d’ouvrage et experts peuvent :
- Partager des données concrètes issues de projets récents,
- Confronter la théorie (simulation, modélisation, recherche) à la pratique (mesures, retours terrains),
- Identifier des solutions efficaces, reproductibles et “sans regret”,
- Capitaliser ces enseignements pour nourrir une doctrine commune et systématiser les actions à l’échelle du patrimoine.
Cette première édition était consacrée à une thématique : comment se protéger du rayonnement solaire.
Dans un contexte de canicules répétées, il ne s’agit plus seulement d’un enjeu de confort mais d’un enjeu de santé publique. La matinée a exploré différents leviers pour répondre à l’enjeu du rayonnement solaire :
- Les occultations mobiles et fixes,
- Les revêtement réfléchissants (cool roof, revêtement d’étanchéité, tuile de couleur claire),
- Le rôle de la conception architecturale
Plusieurs retours d’expérience concrets ont été présentés pendant la session, accompagnés de « cours » d’experts :
- Immobilière 3F et Pouget Consultants
- CDC Habitat et le CSTB
- Bechu & Associés
Actualités et avancées du programme
- Rappel de l’actualité
Les canicules se multiplient et deviennent plus meurtrières : Santé Publique France a relevé +280 décès en excès lors de la canicule de septembre 2025, essentiellement chez les plus de 75 ans. La question de l’équilibre entre atténuation (réduire les émissions carbones à long terme) et adaptation (agir dès maintenant pour protéger les habitants) se pose.
- Les chantiers du programme
Le programme a débuté, plusieurs chantiers ont démarré :
-
- Les accompagnements opérationnels : démarrage des échanges et proposition d’un cahier des charges amont pour début octobre
- Une calculatrice RE2020 intégrant l’évolution du seuil DH en scénario météo 2050 et le durcissement du seuil avec ISB, localisation et ICU : V0 attendue courant novembre (avec le CSTB)
Les décryptages (fiches pratiques)
-
- Le premier décryptage du programme : Pompes à chaleur et vagues de chaleurs – Quelles limites ? Quelles solutions ?
- Une publication sur les occultations, avec notation des systèmes pour faciliter et systématiser leur mise en place (actions sans regrets).
Le confort d’été
Le confort d’été est la capacité d’un bâtiment à rester vivable et agréable en période chaude, en combinant conception intelligente, solutions passives et, en dernier recours, des systèmes actifs sobres.
Il ne se limite pas à une température intérieure donnée, il englobe plusieurs paramètres qui influencent la sensation de confort thermique, notamment :
- La température de l’air intérieur,
- La température des parois (murs, sols, plafonds, vitrages),
- Le mouvement de l’air (ventilation naturelle, brassage),
- Le taux d’humidité,
- L’exposition au rayonnement solaire (direct ou diffus).
Dans un cadre plus règlementaire, le confort d’été, selon la RE2020, est assuré lorsque la température intérieure d’un bâtiment ne dépasse pas le seuil de 28°C le jour (sans prendre en compte le confort adaptatif) et 26°C la nuit. On comptabilise ensuite sur l’année le nombre d’heures d’occupation pendant lesquelles ces seuils sont dépassés (climatisation éteinte) multiplié par le nombre d’heure de degrés d’écart aux seuils. Par exemple, pour 10 jours et 10 nuits à 30°C : 2°C x 12 heures x 10 jours + 4°C x 12 heures x 10 nuits = 720°C.h Règlementairement, cette somme doit être inférieure à un seuil max : le DH_max, qui évolue en fonction de différents paramètres.
Le bioclimatisme, par David Lebannier
Le bioclimatisme repose sur une idée simple mais structurante : adapter le bâtiment à son environnement climatique plutôt que de lutter contre lui par des moyens mécaniques.
Le bioclimatisme repose sur une idée simple mais structurante : adapter le bâtiment à son environnement climatique plutôt que de lutter contre lui par des moyens mécaniques.
« Le bioclimatisme, c’est le bon sens : empêcher la chaleur d’entrer, permettre à l’air de circuler, et utiliser le mouvement pour améliorer le confort. »
Trois principes guident cette approche :
- Réduire les apports de chaleur : grâce aux occultations extérieures, à l’isolation des parois opaques, à une gestion optimisée des vitrages et à la limitation des apports internes (équipements, ECS).
- Décharger thermiquement : en favorisant la ventilation nocturne naturelle, traversante si possible, lorsque la température extérieure baisse.
- Améliorer le confort par le mouvement de l’air : via des brasseurs, des ventilations croisées, et plus largement par une architecture qui favorise le passage de l’air.
Quelques enseignements :
- Une fenêtre isole six fois moins qu’un mur : la gestion des surfaces vitrées est donc un point critique.
- Les baies Est et Ouest sont les plus difficiles à protéger, car elles reçoivent le soleil rasant du matin et du soir.
- Même les baies orientées au Nord peuvent subir des apports par rayonnement diffus.
- Le facteur solaire (g, gtot, Sw) reste l’indicateur de référence pour mesurer et comparer les performances.
Le bioclimatisme ne supprime pas la chaleur, mais il crée les conditions pour mieux la gérer, en s’appuyant sur la conception avant de recourir aux systèmes.
Les occultations
Rénovation d’un bâtiment de logements d’Immobilière 3F, par Pierre Giovanetti.
L’opération
- Ensemble de 6 bâtiments R+4/5 construits en 1971, soit 110 logements familiaux traversants
- Particularité : façades largement vitrées, qui étaient perçues comme modernes à l’époque mais se révèlent aujourd’hui très pénalisantes en confort d’été
- Première réhabilitation thermique en 1988, insuffisante : DPE E, inconfort thermique persistant, pathologies d’enveloppe
- Enjeu majeur : intervenir en site occupé, en tenant compte des usages réels des habitants
Les actions mises en œuvre
- Atténuation :
- Isolation des façades et toitures
- Remplacement des menuiseries
- Mise en place d’une PAC collective air/eau.
- Adaptation :
- Suppression des allèges vitrées fixes pour améliorer l’aération,
- Création d’un local refuge climatisé pour accueillir les habitants vulnérables en cas de canicule
- Débitumisation et végétalisation des espaces extérieurs pour réduire l’îlot de chaleur et améliorer la gestion des eaux pluviales
- Mise en place d’occultations diversifiées selon l’usage : brise-soleil orientables motorisés, persiennes métalliques sécurisées, brise-soleil fixes devant les celliers, stores bannes motorisés avec capteur vent.
Les résultats
- Lors de la canicule du 1er juillet 2025 : 36 °C dehors, 26 °C dedans.
- Les relevés montrent jusqu’à 10 °C d’écart entre logements rénovés et logements non protégés.
- Les habitants se disent globalement satisfaits, mais des points de vigilance subsistent : coût élevé, maintenance des systèmes motorisés, besoin de pédagogie sur l’usage.
Ce projet illustre la capacité à améliorer rapidement le confort d’été dans des bâtiments existants en mettant en place des actions sans regrets déjà éprouvées (sans réaliser de STD !).
Pierre Giovanetti : « On peut faire toutes les études techniques possibles, je suis convaincu que la clé pour choisir les bonnes solutions de protections solaires lors de la rénovation de logements occupés est de partir de l’usage des habitants ! »
Les occultations : vers des actions sans regret, par David Lebannier
Les occultations apparaissent comme la solution la plus immédiate et la plus efficace pour protéger les bâtiments des apports solaires. Elles constituent une réponse simple, adaptable et déjà largement disponible sur le marché.
Efficacité
- Les occultations extérieures sont les plus performantes : elles arrêtent entre 93 et 97 % du flux solaire avant qu’il ne pénètre dans le logement.
- Les occultations intérieures (stores, rideaux) sont beaucoup moins efficaces, laissant passer entre 20 et 50 % de la chaleur, car celle-ci est déjà entrée par le vitrage avant d’être piégée.
Critères de choix
Le choix d’un système d’occultation ne peut se réduire à sa seule efficacité thermique. D’autres critères pèsent fortement :
- Le maintien d’un apport de lumière naturelle suffisant
- La préservation des vues vers l’extérieur
- La sécurité (en particulier pour les logements en RDC et R+1)
- La facilité d’usage (motorisation, automatisation)
- La durabilité/entretien du dispositif
Les acteurs du secteur explorent de nouvelles solutions pour combiner efficacité et confort d’usage :
- Volets roulants hybrides avec lames orientables (mode volet / mode persienne),
- Motorisations solaires qui évitent des câblages complexes,
- Systèmes connectés intégrés à la domotique (fermeture automatique en cas de forte chaleur, détection vent pour les stores bannes),
- Occultations ajourées qui permettent une ventilation nocturne tout en des intrusions.
- Moustiquaires intégrées qui permettent une surventilation nocturne tout en se protégeant des insectes nuisibles
L’enjeu des occultations est donc double : garantir une efficacité thermique mesurable et susciter l’adhésion des habitants, pour que ces dispositifs soient réellement utilisés au quotidien.
Zoom sur l’enjeu des moustiques
La question des moustiquaires a émergé dans les discussions comme un point souvent oublié mais essentiel : pour ventiler la nuit, il faut ouvrir les fenêtres. Mais dans beaucoup de territoires, notamment en zones urbaines denses ou dans le sud (et de plus en plus au nord), les habitants se heurtent aux moustiques.
Quelques chiffres qui piquent :
- En 2024-2025, la France a connu plusieurs épisodes d’épidémies locales de dengue et chikungunya.
- Le moustique tigre progresse : sa vitesse d’expansion est passée de 6 km/an en 2006 à environ 20 km/an en 2024.
- L’augmentation des vagues de chaleur, l’allongement des étés et la pluviométrie plus erratique favorisent son terrain de jeu : noues, bassins de rétentions, bassins d’infiltrations, tranchées drainantes, jardins de pluie…
Et si la moustiquaire devenait une action généralisée, sans regret, un réflexe d’adaptation ? Elle peut être :
- Intégrée aux volets roulants : on ferme le volet et la moustiquaire descend.
- Fixe : grilles discrètes sur fenêtres, terrasses, lucarnes.
- Mobile : enroulables, coulissantes, aimantées. Faciles à poser/enlever.
- Innovante : textiles traités, maillages ultrafins qui laissent passer l’air… mais pas les moustiques !
Dans le neuf et la rénovation : il faut prévoir la moustiquaire comme on prévoit une isolation, comme un automatisme. Idem pour les écoles, hôpitaux, logements sociaux, l’installation doit être systématique.

Les actions sans regrets à systématiser
Proposition d'actions sans regrets en neuf et rénovation.
- Occultation extérieure ajourée et moustiquaire sur toutes les baies
- Complément protection solaire fixe pour zone sensible (casquette ou contrôle solaire)
- Store-banne si baie sur espace extérieur (balcon, terrasse, jardin...)
- Occultation "anti-effraction sur baie du RDC et R+1
David Lebannier : « Laisser circuler l’air et la lumière, protéger des moustiques, préserver l’intimité et assurer la sécurité des occupants lors de l’ouverture des baies… Au-delà de leur rôle de protection solaire, les occultations remplissent de nombreuses fonctions essentielles dans l’adaptation des bâtiments aux vagues de chaleur. Leur choix exige un véritable travail de conception, encore trop souvent négligé. »
Les revêtements de toiture
Albédo, cool roof : comment ça marche ? Par Emilien Paron (CSTB)
Le cool roof consiste à appliquer en toiture des revêtements très réfléchissants et à forte émissivité. Leur efficacité est mesurée par le SRI (Solar Reflectance Index).
- Avantages : réduction de l’échauffement en toiture, amélioration du confort d’été, limitation de l’îlot de chaleur urbain, gain de productivité pour les panneaux photovoltaïques
- Technologies : peintures réfléchissantes (économiques, mais durabilité limitée), membranes blanches synthétiques, bitume clair, SEL clairs
- Limites : efficacité surtout sur bâtiments peu isolés et/ou climatisés ; entretien régulier nécessaire (nettoyage) ; risque d’augmenter les besoins de chauffage en hiver
Limitations et points de vigilance :
- Équilibre été/hiver : les atouts de l'été peuvent devenir des défauts l'hiver (hausse du chauffage car moins d'apport solaire gratuits) : il faut raisonner sur l'année
- Effet qui disparait si la toiture du bâtiment est bien isolée
- Pertinent plutôt dans les zones sud : H2d, H3 où le gain hiver/été peut être favorable
- Entretien : l'encrassement peut réduire rapidement l'efficacité et nettoyage (type karcher) peut dégrader le revêtement et l'étanchéité
- Possible incompatibilité chimique entre certaines peintures et échanchéités
Emilien Paron : « Le cool roof, c’est un revêtement “froid” (réflectance élevée + émissivité forte) qui refroidit la toiture et soulage la clim — ou l’inconfort d’été. Mais ce n’est pas une baguette magique : efficace surtout quand le contexte s’y prête (zones très ensoleillées, toitures peu ou pas isolées et occupant une part importante du bilan thermique, pentes et étanchéités compatibles...). Sinon, on risque d’annuler en hiver ce qu’on gagne l’été ! »
Les toitures réfléchissantes de CDC Habitat, par Elodie Espeout
Les enseignements
- Les peintures réfléchissantes (type CoolRoof) se distinguent par leur rapport coût / efficacité : rapides à appliquer, elles apportent un bénéfice immédiat pour les logements situés aux derniers étages
- Les membranes présentent une durabilité intéressante, mais nécessitent une instrumentation fine pour bien en mesurer les effets
- Les habitants ont exprimé un ressenti positif immédiat dès l’application des revêtements réfléchissants
Limites et conditions de réussite
- L’efficacité dépend de l’état initial du bâtiment : moins la toiture est isolée, plus le gain est fort
- Un entretien régulier (nettoyage tous les 2 ans environ) est nécessaire pour conserver les propriétés réfléchissantes
- La sécurité des interventions doit être anticipée : accès à la toiture, pente, étanchéité
Pour CDC Habitat, le cool roof s’affirme comme une solution opérationnelle à la fois rapide, économique et adaptée au logement social, capable de répondre à l’urgence en période de canicule.
Le point à noter : il faudrait expérimenter les revêtements sur un temps plus long (une année complète) et positionner les sondes à l’intérieur des logements.
Elodie Espeout : « Les toitures réfléchissantes font partie des solutions simples et rapides que nous étudions pour – face à l’urgence - « mieux vivre » les pics de chaleurs au sein de nos logements et éviter l’installation d’équipements de climatisation individuels. »
Architecture : bas carbone versus confort d’été
On doit regarder quoi ? Par Guillaume Meunier (A4MT)
L’architecture est au cœur d’un dilemme : comment concilier l’objectif de sobriété carbone avec l’exigence croissante de confort d’été ?
Un dilemme structurel
- La compacité d’un bâtiment réduit les matériaux utilisés et améliore le bilan carbone. Cependant, elle limite la ventilation traversante et aggrave les risques de surchauffe
- À l’inverse, les dispositifs architecturaux protecteurs (balcons profonds, casquettes, brise-soleil fixes, refends, terrasses) offrent une protection solaire efficace… mais augmentent la consommation de matériaux et donc le bilan carbone de la construction
La recherche d’un équilibre
- Doit-on accepter un surcroît de carbone ponctuel pour réduire durablement les besoins de climatisation ?
- Ou faut-il trouver des formes architecturales innovantes qui allient sobriété matérielle et confort d’été ?
Cette réflexion appelle à repenser les indicateurs : plutôt que de se limiter au taux de vitrage ou à la compacité brute, il pourrait être plus pertinent de raisonner sur l’indice d’ouverture (Io) et la capacité à ventiler.
L’enjeu n’est pas d’opposer bas carbone et confort d’été, mais de chercher un optimum qui garantisse la résilience des bâtiments face aux canicules.
Guillaume Meunier : « Peut-on accepter un peu plus de carbone si cela évite des décennies de climatisation ? Voilà le vrai débat. »
Quelle architecture climatique ? Par Luca Bertacchi (Bechu & Associés)
Bechu & Associés défend une conviction forte : l’architecture peut être un levier central de l’adaptation climatique, et non un simple support technique où l’on vient ajouter des solutions. L’agence intègre donc, dès les premières esquisses, les contraintes de confort d’été, d’orientation, de lumière et de ventilation naturelle comme des moteurs de création architecturale.
Les solutions proposées par Bechu & Associés
MIMESIS – Nice (non réalisé)
Le projet MIMESIS est un bâtiment complexe, regroupant laboratoires, bureaux et espaces collaboratifs. L’objectif est de créer un lieu scientifique de haut niveau tout en assurant un confort optimal dans un climat méditerranéen chaud.
Solutions mises en œuvre :
- Façades bioclimatiques permettant de réduire de 70 % les apports solaires par rapport à une façade classique, en s’inspirant du férocactus
- Organisation des espaces pour maximiser la lumière diffuse, limitant le recours à l’éclairage artificiel tout en réduisant les surchauffes
- Espaces extérieurs (terrasses, coursives, balcons) conçus comme des lieux de vie et non des ajouts techniques
- Conception réversible : le bâtiment peut accueillir d’autres usages à terme (logements, bureaux, équipements)
Campus BAOBAB – Dakar (réalisé)
Le campus BAOBAB est un site situé en Afrique de l’Ouest, marqué par des chaleurs intenses, une forte humidité, et un besoin de créer un repère urbain et éducatif. L’objectif du campus est d’accueillir 3 000 étudiants dans un bâtiment durable, emblématique et confortable sans dépendre massivement de la climatisation.
Solutions mises en œuvre :
- Conception inspirée de l’arbre à palabres, lieu traditionnel africain de rencontre à l’ombre → architecture pensée comme un espace collectif abrité
- Campus vertical : densité et compacité au service de la ville, mais conçu avec de larges espaces ventilés naturellement et protégés du soleil
- Façades en terre cuite : matériau local, à forte inertie, limitant les surchauffes
- Orientation et conception bioclimatique permettant de réduire de 60 % les besoins de refroidissement et d’éclairage artificiel
- Dimension pédagogique assumée : le bâtiment montre aux étudiants que l’architecture peut être un outil de transition écologique
Enseignements
- Le confort d’été peut être intégré dès la conception et ne doit pas être réduit à un ajout technique
- Les contraintes climatiques deviennent des moteurs de création : façades crénelées, balcons profonds, espaces extérieurs ombragés.
- L’architecture peut contribuer à la réduction durable des consommations énergétiques sans sacrifier l’esthétique ni l’identité du projet
Ces retours d’expérience montrent qu’un projet pensé dans sa globalité permet d’aller bien au-delà d’une logique défensive (protéger du soleil) pour entrer dans une logique positive (créer du confort et de la valeur).
Luca Bertacchi : « Nous voulons transformer la contrainte climatique en opportunité architecturale. Le confort d’été ne doit pas être un ajout, mais une signature. »
Prochaines étapes et conclusion
À venir dans Nos Villes à 50°C :
Comité Innovation n°3 : la rénovation / le parc existant
- Le 21 octobre de 14h30 à 16h30
- En hybride avec les experts
- Thème sur la rénovation / le parc existant
- Ordre du jour :
- Quelles exigences ?
- Quelle méthode simplifiée pour mesurer le confort d’été ?
- Comment garantir le résultat ?
Booster Session N°3
- Le 13 novembre
- En 100% visioconférence
- Les avancées du programme : décryptage, outils, projets boostés
Cette première Matinée REX a montré :
- L’efficacité des solutions éprouvées (occultations, toitures réfléchissantes),
- L’importance d’un dialogue constant entre science et terrain,
- La nécessité de trouver un équilibre entre bas carbone et adaptation climatique.
Les prochaines étapes sont claires : systématiser les bonnes pratiques, diffuser les retours d’expérience, et renforcer une doctrine commune pour le confort d’été.







